Almusibli Panorama, septembre 2020

Almusibli Panorama, septembre 2020
Ian Wooldridge, Remy Ugarte Vallejos, Miriam Laura Leonardi

Une proposition de Mohamed Almusibli

Ces trois œuvres sont présentées dans le cadre de la programmation Almusibli Panorama. Chaque mois, le curateur suisse Mohamed Almusibli fait dialoguer une sélection d’œuvres digitales récemment produites par des artistes suisses ou vivant et travaillant en Suisse dans la section Works du 5e étage. À l’issue d’une année de programmation, un panorama des territoires et des formes qui émergent de la scène artistique helvétique dans toute sa diversité sera ainsi dessiné.

Programme présenté avec le soutien de Pro Helvetia

 

Ian Wooldridge (Zurich)
HOMEBASE
2020, Vidéo HD, couleur, son 5 min 51 sec

Le concept de HOMEBASE est fondé sur le scan 3D d’une maison familiale utopique mais ratée, la « Casa Sperimentale », le type de construction qui fait rêver quand on le croise en feuilletant un magazine lifestyle. Il s’agit d’un espace d’évasion sur lequel il est facile de se projeter sauf que cette fois on se projette sur un bar karaoké. HOMEBASE est accompagné d’une bande son et d’un texte codé, qui, informé par l’histoire personnelle de l’adolescent, nie le moi par l’expression d’une nostalgie universelle.

Ian Wooldridge (1982, Angleterre) est un artiste et un écrivain basé à Zurich. Avec l’architecte et compositeur Li Tavor, Ian fait partie d’un groupe appelé LIVE SHOW. Il s’est produit et a exposé à : ICA (Londres) ; Fri Art (Fribourg) Nuit Blanche (Paris Arts Lab 2019) ; The Cruising Pavilion (Venice Architecture Biennale 2018) ; LUX (Londres) ; Folkwang (Essen) et Istituto Svizzero, (Rome). Il a également écrit pour Frieze (UK), Mousse (IT), Brand New Life (CH), Arcadia Missa (UK), Pilot Press (UK) et Le Temps (CH).

 

 

Remy Ugarte Vallejos (Fribourg)
Tendency of Capture
2020, Vidéo HD, couleur, son, 12 min

Tendency of Capture est une étude sur les structures de pouvoir et la résistance à ces structures qui examine des notions comme le tribal et le primitif dans les sociétés occidentales en mettant en parallèle des scènes de la Bolivie rurale avec des tribus urbaines de la ville de Berlin. Ce faisant, l’œuvre cherche à relier des sujets apparemment éloignés et aborde les intersections entre les cultures primitives et les technologies de la vie contemporaine. Tendency of Capture s’intéresse donc à l’idée de capture au sens le plus large : capture de l’individu au sein des structures des sociétés de contrôle et de surveillance ; capture sous l’angle de la chasse et de l’instinct animal ; capture due à l’occupation des terres, l’exploitation et l’oppression des autochtones par les puissances coloniales ; et enfin, capture en termes de capture d’images, soulevant donc la question : l’acte de capturer des images n’implique-t-il pas toujours un certain degré de violence ?
Remy Ugarte Vallejos (1993, Fribourg) travaille et vit à Lausanne. Il est titulaire d’une licence en photographie (ECAL, 2018) et est actuellement inscrit au Master des Beaux-Arts de la HEAD – Genève. Il a obtenu la résidence ABA de Pro Helvetia en 2019 et la résidence artistique du canton de Fribourg en 2020, toutes deux à Berlin.

Design sonore: Paloma Pyip

Miriam Laura Leonardi (Zurich)
Sylvia 
2020, Vidéo HD, couleur, son, 5 min 54 sec

En réalisant une série de portraits vidéo de ses amies, Miriam Laura Leonardi se livre à une véritable recherche. Dans son dernier portrait, Sylvia (2020), Miriam se filme en train de filmer l’ancienne modèle de clip et styliste de célébrités Sylvia Nek ramassant des coquillages avec son fils sur le rivage. Parmi les premiers portraits, citons Michèle (2019), dans laquelle Miriam et l’artiste Michèle Graf jouent chacune une main du classique ragtime de Scott Joplin The Entertainer, un morceau qui leur avait été enseigné à chacune par leur père. Dans Géraldine (2016), elle donne un appareil photo à l’éditrice et écrivaine Géraldine Beck et l’emmène en bateau dans la jungle. Dans Bleta (2015), Miriam et l’artiste Bleta Jahai partent à la chasse, et détaillent à la main les entrailles et les organes d’un cerf après que le ventre en a été incisé. La bande originale de Sylvia est la musique intitulée Big Coast des Beautiful Swimmers.
Miriam Laura Leonardi (1985, Lörrach) est titulaire d’un Master of Arts en beaux-arts de la ZHdK qu’elle a obtenu après avoir étudié la photographie à Paris. Sa pratique est marquée par une recherche sémiotique qui mèle la politique féministe avec des textes littéraires et philosophiques, se manifestant dans des projets multidisciplinaires et souvent collaboratifs. Ses œuvres tentent d’agréger des pensées disparates et différents auteurs. Elle traduit diverses références populaires – cinématographiques, littéraires et liées à l’histoire de l’art – dans un contexte contemporain, étendant ainsi le concept d’appropriation et favorisant une réflexion sur l’efficacité de l’information dans le temps. Son intérêt pour la traduction et la langue se manifeste également dans la traduction actuelle du livre Le Schizo et les Langues de Louis Wolfson (1970) du français vers l’allemand. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles et collectives au niveau international, notamment à Bel Ami (Los Angeles), à Fri Art (Fribourg), au Kunsthaus Glarus (Glaris), à la Galerie Maria Bernheim (Zurich), au Musée Astrup Fearnley (Oslo), au Swiss Institute New York (New York) et à Marbriers 4 (Genève). Depuis l’automne 2017, elle est également chargée de cours dans le cadre du programme de bachelor en beaux-arts à l’ECAL à Lausanne.