Ol Ori Buruku

Ol Ori Buruku
Paulo Nazareth

Ol Ori Buruku
Paulo Nazareth
2015

Un immigrant nigérian se tient au sommet d’un immeuble de São Paulo, proférant des insultes en Yoruba à destination d’une ville qui représentait jadis un futur idéal, mais qui s’est révélée pleine d’inégalités, de mort et d’exclusion, exactement comme la patrie qu’il a fuie. Au travers du Yoruba, la langue des premier·e·s esclaves africain·e·s déportés vers le Brésil, il exprime sa frustration face à la rupture avec ses origines culturelles, et donne voix plus largement à la diaspora nigériane éparpillée de par le monde. Ol Ori Buruku, qui se traduit par « mauvaise mentalité », « Ori » signifiant l’essence de l’être, met en lumière une préoccupation centrale : comment les exigences du capitalisme obligent les immigrés à renoncer à leurs repères culturels pour survivre au sein de sociétés qui refusent de leur permettre de rester eux-mêmes.

Crédits : Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de Mendes Wood DM, São Paulo, Bruxelles, Paris, New York. Copyright de l’artiste.

Paulo Nazareth (*originaire du peuple Nak Borun [Vale do Rio Doce], Brésil / Amérique du Sud) vit et travaille à travers le monde. Sa pratique pluridisciplinaire – qui comprend performance, vidéo, installation – prend souvent forme suite à des rencontres de voyage. Par des gestes simples à la résonance sociale profonde, son travail aborde les questions de migration, de race et de colonialisme, mettant en lumière celleux que les systèmes politiques et économiques rendent invisibles. Le voyage y devient à la fois médium et méthode : un moyen de confronter les récits hérités de nation et d’appartenance. Les projets de Nazareth, exposés à l’échelle internationale, repoussent les frontières entre image, témoignage et action, affirmant le potentiel de l’art à réinventer la solidarité humaine dans un monde globalisé.

Ses expositions personnelles récentes incluent Patuá / Patois (WIELS, Bruxelles, 2025), NAZARETHANA (Mendes Wood DM, São Paulo, 2025) et le projet au long cours Esconjuro (Inhotim, 2024–25).