Tomorrow, again

Tomorrow, again
Mona Benyamin

Tomorrow, again
Mona Benyamin
2023

 

Tomorrow, again met en scène un journal télévisé dysfonctionnel composé de différents segments qui recréent et réagissent à diverses catastrophes quotidiennes marquantes survenues en Palestine. Au lieu d’un récit narratif, le film s’appuie sur des manifestations émotionnelles et physiques exagérées, et utilise des témoignages fragmentés et souvent contradictoires, des sosies et un langage visuel surréaliste pour explorer les notions de vérité et de fiction, ainsi que différentes temporalités.

 

Le casting du film met en scène deux protagonistes, les parents de l’artiste, qui endossent de multiples identités – de présentateur·rice·s à sujets de reportages en passant par des témoins oculaires –, créant ainsi une boucle de Möbius où il·elle sont à la fois les sujets, les spectateur·rice·s et le média, racontant et consommant leurs propres histoires dans un cycle sans fin. Il explore le phénomène du mutisme résultant d’un traumatisme, ainsi que les distorsions cognitives qui découlent d’une vie en état d’urgence permanent ; et ce qu’il advient de l’urgence lorsqu’elle devient intemporelle.

 

Tomorrow, again a été commandée par The Mosaic Rooms/A.M. Qattan Foundation, 2023.
Avec le soutien de l’Arts Council England et de la Bagri Foundation.
L’œuvre a été achevée en septembre 2023, un mois avant le début du génocide actuellement perpétré par Israël à Gaza. Elle est présentée en mémoire de Boulos Benyamin.

 

Mona Benyamin (*1997 à Haïfa, Palestine) est une artiste visuelle, cinéaste et violoncelliste vivant entre la Palestine et la vallée de l’Hudson (État de New York). Sa pratique pluridisciplinaire explore les expériences intergénérationnelles de dépossession et les modes par lesquels la mémoire se construit, se transmet et se reconfigure dans le temps. Travaillant aux intersections entre expérience et témoignage, traumatisme et conscience du temps, elle détourne les formats des médias de masse à travers l’appropriation, la manipulation et l’humour noir. Impliquant souvent ses parents comme sujets et collaborateurs, Benyamin crée des œuvres où surréalisme et hyperréalisme se rencontrent, offrant une réflexion sur l’appartenance, les limites du langage et la politique de la représentation.