Aïnata
Alaa Mansour
2018
Aïnata tente de déconstruire les discours historiques et politiques hégémoniques de la guerre et des victoires, en faisant émerger des lieux de résistance et de libération. Au travers d’archives et du processus de montage, le film explore une succession de couches et de micro-histoires qui révèlent les dissonances du récit et l’interprétation complexe des symboles du martyr et de la révolution. Par une approche hybride, le film oscille entre la dérive onirique de l’imaginaire et les signes perpétuels de l’idéologie et du conflit.
Peut-être que ce lieu n’existe pas. Peut-être existe-t-il seulement dans un film imaginaire qui demeure irrésolu. Au commencement, un souvenir ténu. Le désir de former un paysage en ruines. Mémoire diffuse, rêve diffus, mon voyage part d’une perte qui émane d’un soubresaut du fantastique. Nous voilà à Aïnata, dans le sud du Liban, un lieu où l’Œil suit le courant jusqu’à sa source, où les histoires du pays d’Ougarit s’entremêlent avec nos rituels et mythes modernes. J’essaye de définir un point de vue, de remanier l’ensemble à partir d’un détail, de tracer les contours de son propre espace. L’Histoire se raconte, et ses contes habitent un territoire, où l’archéologie des temps doit sa survie à la fiction.
The Mad Man’s Laughter
Alaa Mansour
2021
The Mad Man’s Laughter traite du simulacre de la soi-disante guerre contre le terrorisme et les mondes de surveillance et de simulations omniprésentes qu’elle a depuis engendrés. En explorant les entités fictionnelles qui entrent en jeu dans la relation entre le militaire et l’industrie du divertissement, le film entreprend de parcourir les artefacts et préceptes façonnés par les modalités du pouvoir et du contrôle. Par l’utilisation d’archives et d’images de synthèse, sons et textes, l’on navigue au travers d’espaces de violence, tant latents que visibles, modelés par la production visuelle militaro-coloniale et les données utilisées pour générer des biais algorithmiques.