Deux films de Alaa Mansour

Deux films de Alaa Mansour

Aïnata
Alaa Mansour
2018

Aïnata tente de déconstruire les discours historiques et politiques hégémoniques de la guerre et des victoires, en faisant émerger des lieux de résistance et de libération. Au travers d’archives et du processus de montage, le film explore une succession de couches et de micro-histoires qui révèlent les dissonances du récit et l’interprétation complexe des symboles du martyr et de la révolution. Par une approche hybride, le film oscille entre la dérive onirique de l’imaginaire et les signes perpétuels de l’idéologie et du conflit.

Peut-être que ce lieu n’existe pas. Peut-être existe-t-il seulement dans un film imaginaire qui demeure irrésolu. Au commencement, un souvenir ténu. Le désir de former un paysage en ruines. Mémoire diffuse, rêve diffus, mon voyage part d’une perte qui émane d’un soubresaut du fantastique. Nous voilà à Aïnata, dans le sud du Liban, un lieu où l’Œil suit le courant jusqu’à sa source, où les histoires du pays d’Ougarit s’entremêlent avec nos rituels et mythes modernes.  J’essaye de définir un point de vue, de remanier l’ensemble à partir d’un détail, de tracer les contours de son propre espace. L’Histoire se raconte, et ses contes habitent un territoire, où l’archéologie des temps doit sa survie à la fiction.

Aïnata (2018)—62min
Un film de Alaa Mansour
Produit part Alaa Mansour
Avec la participation de Zico House et Studio BASEMENT
Montage: Alaa Mansour, Amine Kouti
Sound design et mixage: Eric Cordier
Colouring: Julien Saez
Traduction française et sous-titrage: Simon Pochet
Traduction anglaise et sous-titrage: Julien Bonnin

 

The Mad Man’s Laughter
Alaa Mansour
2021

The Mad Mans Laughter traite du simulacre de la soi-disante guerre contre le terrorisme et les mondes de surveillance et de simulations omniprésentes qu’elle a depuis engendrés. En explorant les entités fictionnelles qui entrent en jeu dans la relation entre le militaire et l’industrie du divertissement, le film entreprend de parcourir les artefacts et préceptes façonnés par les modalités du pouvoir et du contrôle. Par l’utilisation d’archives et d’images de synthèse, sons et textes, l’on navigue au travers d’espaces de violence, tant latents que visibles, modelés par la production visuelle militaro-coloniale et les données utilisées pour générer des biais algorithmiques.

The Mad Man’s Laughter (2021)—42min
Un film de Alaa Mansour
Produit par TBA21 en collaboration avec Ashkal Alwan
Commissionné en conversation avec Edwin Nasr
Montage: Alaa Mansour
Sound design et mixage: Mhamad Safa
Enregistrement voix off : Alexandre Frigoult
Entraînement IA : George Simms
Colouring : Julien Saez
Typographie générique : Khajag Apelian
Traduction arabe : Safa Hamzeh
Traduction anglaise : Bassem Saad